2025-2028
L’acquisition du langage par le nourrisson s’effectue sur la base d’un signal acoustique, les sons de la parole, complexe et ininterrompu. Nous ne faisons pas de pause sonore (silence) entre chaque mot, et pourtant un jeune enfant de 2 ans comprend déjà une centaine mots. Le jeune enfant doit donc apprendre à segmenter ce flux continu de parole pour en extraire des unités qui ont du sens, les mots. Parmi les mécanismes impliqués dans cette segmentation se trouve l’apprentissage statistique qui permet de détecter des régularités dans le langage. Cet apprentissage statistique est possible notamment grâce aux probabilités de transition entre les syllabes. Par exemple en français les syllabes « ma » et « man » apparaissent plus fréquemment ensemble que « ta-ma » ou « ma-ma » qui peuvent apparaître dans une phrase « ta maman » ou « ma maman ». Nous savons que dès la naissance, les tout-petits sont sensibles à ses régularités statistiques entre les syllabes, par contre les mécanismes qui leur permettent de les extraire sont encore mal compris. Cet apprentissage pourrait par exemple être fragilisé par une dégradation du signal acoustique. Dans ce nouveau projet, nous cherchons à mieux comprendre le rôle des informations acoustiques de la parole dans cet apprentissage statistique des mots. Les nourrissons de 10 mois parviennent-ils à segmenter la parole dans différentes conditions acoustiques, et en particulier, lorsque certaines informations acoustiques de la voix ont été dégradées ? Il apparaît primordial d’étudier si cet apprentissage est altéré dans ces conditions acoustiques dégradées car celles-ci correspondent aux conditions sonores que les nourrissons malentendants et porteurs d’implants cochléaires expérimentent dans leur vie de tous les jours.
